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30 mars 2020

Entretien avec Magalie Lesueur Jannoyer, Adjointe à la Direction générale déléguée à la recherche et à la stratégie (DGDRS) du Cirad

À quelques jours du 27e CS de la Fondation, nous vous proposons de faire connaissance avec les membres (passés, actuels) de notre conseil scientifique. La parole est à Magalie Lesueur Jannoyer, adjointe à la Direction générale déléguée à la Recherche et à la Stratégie (DGDRS) du Cirad.

Pourquoi êtes-vous devenu chercheur(e) ?
Ce qui a fait ce choix c’est probablement la curiosité et la soif de comprendre, l’ouverture vers de nouveaux possibles, de nouvelles explications, façons d’agir et aussi de transmettre. Je suis également attachée à la science car elle reste. On peut agréger des connaissances, faire évoluer des raisonnements et des résultats et les transmettre. Pourquoi ai-je fait le choix de l’agronomie ? Tout d’abord, parce que l’agronomie entretient un lien très fort à ce qui est essentiel : la vie, l’environnement, l’alimentation, la santé, etc. Mais ce choix a été probablement le prolongement d’une histoire familiale : mes grands-parents étaient agriculteurs. Un prolongement par des chemins de traverses, mes pas m’ayant portée vers les tropiques… J’ai aussi eu la chance de côtoyer des professeurs et des chercheurs brillants qui m’ont montré la voie et qui ont contribué à former ma manière de voir et ma manière de faire, que j’espère systémique et inclusive. Je suis depuis lors très attachée à cette notion de transmission. Je fais mon possible pour transmettre aux plus jeunes et assurer une partie de la relève, autant que faire se peut.

Que signifie pour vous une « communauté scientifique » ?
C’est un groupe de personnes, en majorité des scientifiques et des chercheurs, qui partagent les mêmes objectifs ou enjeux, sans forcément relever d’une même discipline. Pour moi, c’est un espace ouvert et dynamique, un lieu d’échanges, de solidarités, de découvertes conjointes. Mais c’est aussi un lieu de questionnements croisés qui sont fertiles, qui produisent des nouveautés. Même si l’on parle de communauté, ça n’est pas cloisonné. Une communauté scientifique, c’est vraiment ouvert sur le monde et les questions qui se posent, les grands enjeux de la planète. Personnellement, je ne sais pas si j’appartiens à une communauté en particulier, je me sens plutôt liée à plusieurs communautés. De par ma trajectoire, j’ai pu bénéficier d’autres communautés que celle à laquelle je m’étais formée, et j’ai ainsi navigué dans différentes communautés géographiques ou thématiques.

Pourriez-vous raconter brièvement un fait marquant/un détail/une anecdote issue de votre participation au conseil scientifique de la Fondation ?
L’anecdote à laquelle je pense est liée à ce que j’entends par « communauté scientifique »… Je pense qu’Agropolis Fondation est un lieu particulier et unique d’échanges entre chercheurs issus d’institutions voisines ou sœurs qui ne se rencontrent pas forcément autrement que via la Fondation, et qui ont même, parfois, du mal à se comprendre. C’est arrivé lors d’un Conseil scientifique. Des communautés scientifiques qui ne se sentaient pas assez bien intégrées à la dynamique de la Fondation ont exprimé leur mécontentement. Nous sommes alors parvenus à résoudre les dissensions en parlant, en s’expliquant. C’est assez sain, ce que la Fondation a permis : les problèmes ont été exprimés, et une solution a émergé. Agropolis Fondation permet cela : concrétiser et brasser des idées, en appuyant des projets interdisciplinaires, interinstitutionnels, en permettant l’accueil de chercheurs d’horizons différents… L’interdisciplinarité ne se décrète pas, elle se construit. Et pour cela, il faut des lieux d’échanges et de construction possible. Pour moi, c’est cela la Fondation.