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12 janvier 2023

Interview de Marie-Christine Cormier-Salem, Directrice d’Agropolis Fondation

Le mandat de Marie-Christine Cormier-Salem, Directrice d’Agropolis Fondation depuis 2019, a pris fin le 31 décembre 2022. Mise à disposition par l’IRD à 80 % de son temps, elle a toujours gardé une activité scientifique qui l’occupe désormais à 100 %. Pour son départ de la Fondation, elle s’est prêtée au jeu de l’interview.

Qu’avez-vous retenu de votre expérience pendant ces 4 années à la direction de la Fondation ?
Ce fût une expérience dense et riche. Durant 4 ans, j’ai eu l’honneur et le bonheur de diriger une « pépite », pour reprendre les termes d’Anne-Lucie Wack, première directrice de la Fondation. Agropolis Fondation, fondation privée de coopération scientifique, est un outil remarquable, flexible, aux procédures éprouvées et dotée de moyens pour soutenir la recherche, l’enseignement et l’innovation au service de la société. Elle est gérée par une équipe au grand savoir-faire. Elle s’appuie sur une communauté scientifique et des partenaires très diversifiés, capital immatériel inestimable, qui la singularise au sein du monde philanthropique et en fait toute son originalité et son attractivité.

Racontez-nous un fait marquant de cette mandature ?
Il est difficile de choisir un fait marquant. J’en retiendrai deux.
A mon arrivée, en 2019, nous avons lancé une dynamique d’échanges avec la communauté scientifique de Montpellier pour élaborer la stratégie scientifique et les trois axes transversaux de la Fondation. L’atelier de travail participatif a été l’occasion de mieux prendre la mesure des travaux réalisés, des forces de cette communauté et de sa capacité à répondre aux grands enjeux globaux, à savoir le dérèglement climatique, la crise de la biodiversité, la nécessaire transformation des systèmes alimentaires. Je me souviens en particulier des discussions sur la notion de responsabilité et l’engagement pour une science transformatrice.
En écho à cet atelier, je témoignerai de la mobilisation pour mettre l’agroécologie à l’agenda politique de la Cop15 de la Convention sur la Diversité Biologique à Montréal en décembre 2022, au côté notamment de la GAFF (Global Alliance for the Future of Food). Du lobbying auprès des délégations gouvernementales présentes à Montréal à la rédaction d’une policy-brief, s’est clairement manifestée l’ambition d’un positionnement international de la Fondation et d’un dialogue renforcé entre science, politique et société.

Quels sont vos envies et projets pour la suite ?
Dans la continuité de mes investissements, que ce soit comme chercheuse en sciences sociales à l’IRD, experte scientifique de l’IPBES ou encore Directrice de la Fondation, je compte les capitaliser et développer mes engagements sur les questions de biodiversité et équité, en mobilisant trois cercles d’acteurs et en visant trois produits : un projet d’écriture, académique mais donnant place à des récits d’acteurs.trices locaux.cales ; la proposition d’un nouveau rapport IPBES à l’interface Sciences/Politique ; le renforcement des capacités et l’accompagnement d’actions locales, supposant donc de refaire du terrain et de travailler avec la société civile, notamment avec les femmes et les jeunes.