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Entretien avec Oliver Oliveros : Directeur délégué à Agropolis Fondation

Suite à l’annonce du départ d’Oliver Oliveros, Directeur délégué, nous revenons ensemble sur son parcours au sein d’Agropolis Fondation.

Quel a été ton parcours professionnel ?
« J’ai un parcours professionnel assez atypique. Avant d’être à la fondation, j’étais le coordinateur d’un projet international qui encourageait la participation de multiples acteurs à la recherche agricole pour le développement. J’étais auparavant chargé de partenariat au secrétariat du Forum mondial de la recherche agricole (GFAR) à la FAO à Rome, où j’ai travaillé sur les questions de partenariat et de promotion de l’innovation locale et sur la question de la participation de la société civile au processus de recherche. Avant de venir en Europe en 1999, je travaillais au ministère de la Planification socio-économique à Manille (Philippines). J’étais largement impliqué dans l’évaluation de projets et la programmation d’investissements dans le secteur de l’agriculture, du développement rural et des ressources naturelles, ainsi que dans la mise en place de l’Agenda 21 et du plan de développement à moyen terme du pays.
Il y a toujours eu un fil conducteur à mon parcours professionnel, celui de l’agronomie et du développement durable, avec le but de promouvoir des partenariats participatifs, multi-acteurs et inclusifs. »

Quel bilan pourrais-tu faire après ces années à la Fondation ?
« Je pense que c’est un bilan positif, voire très positif. J’avais une double tâche à la fondation lorsque j’ai été recruté : développement et gestion des partenariats et des relations internationales, et appui au Conseil scientifique de la fondation. Partis de rien, nous commençons à être connus dans la communauté scientifique. Nous avons établi une vingtaine de partenariats internationaux et des initiatives conjointes avec nos partenaires. Nous avons également un Conseil scientifique de haut niveau avec des membres reconnus dans leur domaine respectif. Le CS est en quelque sorte le gardien de l’excellence scientifique des projets que nous finançons. »

Quelles sont tes ambitions pour le futur ?
« e veux continuer à travailler dans le domaine de l’agriculture, l’alimentation, l’environnement et le développement durable, tout en essayant de promouvoir et de soutenir les différents types de connaissances (ex., scientifiques, traditionnelles…) car elles ont toutes de la valeur, tout comme les différentes personnes qui les produisent. Je souhaite continuer à travailler en promouvant des partenariats inclusifs et participatifs, quel que soit le type d’organisme (ex., fondation, ONG, public ou privé). »

Quel est le projet dont tu es le plus fier ?
« Je suis très fier de tous les projets auxquels j’ai participé :

  • Le Programme Thought for Food, avec les fondations Carasso et Cariplo, un co-financement de 3 millions d’euros, pour soutenir six beaux projets avec de belles relations entre les partenaires – L’appui et le soutien de la Fondazione Cariplo, sont toujours là, après 8 ans.
  • Les programmes One Planet Fellowship et AWARD, un travail en partenariat sur des sujets qui me touchent beaucoup : la collaboration entre l’Afrique et l’Europe, collaboration nord-sud et sud-sud au profit des jeunes scientifiques africains et européens. C’est un vrai sujet sociétal. Le programme AWARD, était exclusivement anglophone ; maintenant il est également francophone.
  • Le Prix scientifique Louis Malassis, que l’on a lancé pour la 1ère fois en 2010, et qui en est actuellement à sa 6e édition. La preuve de cette réussite et de la qualité du processus est que nous avons désormais deux partenaires, Olam International et la fondation Biovision, qui nous font confiance pour décerner leur prix.
  • La collaboration avec l’EMBRAPA et CAPES pour promouvoir des échanges entre les scientifiques français et brésiliens.
  • La collaboration avec le SEARCA destinée à promouvoir des échanges scientifiques entre le réseau de la fondation et des universités asiatiques.
  • La fondation figure parmi les membres fondateurs de la Global Alliance for the Future of Food, une alliance de fondations qui essaient de promouvoir des systèmes d’alimentation durable.
  • La création d’un nouveau groupe de fondations, European Foundation for Sustainable Agriculture and Food (EFSAF), au sein de L’European Foundation Centre qui travaille sur la question de l’agriculture et de l’alimentation.
  • Le Conseil scientifique de la Fondation, qui est le gardien de la qualité des projets que nous soutenons, avec des membres scientifiques reconnus.
  • Et bien plus encore »

Quel est ton meilleur souvenir à la fondation :
« Cela va peut-être paraître banal et cliché, mais ce sont les rencontres avec les personnes que j’ai pu croiser durant ces dernières années, l’aventure avec l’équipe, les interactions avec le réseau, les échanges avec les partenaires. Ce que je retiens, ce sont donc les relations humaines. C’est à travers celles-ci que nous pouvons construire des relations de confiance et ainsi créer des partenariats durables. »

Quelques anecdotes à nous raconter ?
« Lorsque je devais trouver un créneau horaire pour fixer un rendez-vous en visioconférence ou par téléphone entre des personnes du monde entier (différents fuseaux horaires). Je restais parfois tard le soir ou tôt le matin pour m’apercevoir que c’était finalement le week-end pour eux ou pour moi.
Je retiendrai également certains vendredis, en fin d’après-midi, où nous discutions tous ensemble de notre semaine autour d’un verre. Là encore, ce sont les relations humaines qui restent très importantes à mes yeux et qui sont une condition sine qua non pour pouvoir travailler ensemble en toute confiance et fluidité. »

As-tu quelque chose à ajouter ?
« Si j’ai accepté le poste à la fondation, c’est parce que j’y croyais et j’y crois toujours. C’est un outil formidable. On est là pour apporter une plus-value, sans nous substituer à nos membres fondateurs.
Je veux en profiter pour remercier la fondation pour les opportunités qu’elle m’a offertes au cours de ces 12 dernières années. Ce fut une expérience très enrichissante personnellement et professionnellement. J’ai eu la chance de travailler avec des personnes que j’estime. J’ai beaucoup appris et j’espère avoir pu contribuer d’une manière ou d’une autre au développement de la fondation. »